Malaise à « C à vous » : L’inspection du travail épingle Mediawan pour ses pratiques contractuelles
- 19 févr.
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L’émission phare de France 5, produite par le géant Mediawan, est dans le collimateur des autorités. En cause : un système de « doubles contrats » jugé abusif, dénoncé par des salariés lassés par une précarité déguisée.

C’est un revers de décor dont se serait bien passé Pierre-Antoine Capton. Alors que C à vous bat des records d’audience et s’impose comme le rendez-vous incontournable de l’access prime-time, les coulisses de l’émission sont secouées par une crise sociale. L’inspection du travail vient d'adresser une mise en garde formelle à la société de production Troisième Œil (filiale de Mediawan) concernant la gestion de ses effectifs.
Le mécanisme du « double contrat »
Au cœur du litige se trouve une pratique baptisée le « double contrat ». Selon plusieurs témoignages de salariés, la production imposerait la signature de deux contrats distincts pour une même journée de travail : l’un couvrant la préparation de l’émission, l’autre l’enregistrement ou le direct.
Ce montage juridique permettrait à l’employeur d’éluder le paiement d’heures supplémentaires et de fragmenter le temps de travail au détriment des droits sociaux des techniciens et journalistes. L’inspection du travail considère ce recours comme abusif, soulignant qu’il masque une relation de travail continue qui devrait faire l'objet d'un contrat unique et régulier.
Pierre-Antoine Capton et Mediawan sous pression
Pour Pierre-Antoine Capton, figure de proue de Mediawan, cette mise en demeure entache l’image d’un groupe qui se veut le champion européen de la production. Si la direction assure « prendre le sujet très au sérieux » et entamer des discussions pour régulariser la situation, la grogne monte chez les intermittents et les pigistes.
« On nous demande une flexibilité totale sur le plateau, mais dès qu'il s'agit de nos droits, la production devient d'une rigidité administrative extrême », confie un collaborateur sous couvert d'anonymat.
Cette procédure pourrait contraindre Mediawan à une profonde refonte de sa politique RH, sous peine de sanctions financières plus lourdes ou d'actions devant les prud'hommes. Pour France Télévisions, le diffuseur, ce dossier est également sensible : le service public est particulièrement vigilant sur les conditions de travail des prestataires auxquels il délègue ses programmes phares.


