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Audiovisuel public : Lundi noir à l’Assemblée pour France Télévisions ?

  • 25 avr.
  • 2 min de lecture

Un rapport parlementaire explosif, porté par le député Charles Alloncle, sera soumis au vote ce lundi. Entre suppressions de chaînes, fusions géantes et coupes budgétaires drastiques dans le sport et le divertissement, c’est une véritable onde de choc qui menace le service public. L’opposition dénonce déjà un « tissu de mensonges » destiné à démanteler l’audiovisuel français.


LIONEL BONAVENTURE, AFP
LIONEL BONAVENTURE, AFP

L'heure de vérité a sonné pour France Télévisions et Radio France. Ce lundi, les trente députés de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public doivent voter les conclusions d’un rapport qui, s’il est adopté, pourrait changer radicalement le paysage médiatique des Français. Le texte, porté par le rapporteur Charles Alloncle (UDR), prévoit une cure d’austérité sans précédent d'un milliard d'euros.


La fin du modèle actuel : suppressions et fusions

Le projet ne fait pas dans la dentelle. Premier acte : la suppression pure et simple de France 4, la chaîne dédiée à la jeunesse, ainsi que de la radio Mouv’. Sur le front des fusions, le rapport préconise un rapprochement total entre France 2 et France 5 pour créer une unique « grande chaîne généraliste ».

Le réseau régional n'est pas épargné : le projet souhaite fusionner France 3 avec les radios locales ICI (anciennement France Bleu). Côté numérique, la plateforme phare des jeunes, France TV Slash, est également dans le viseur pour une suppression définitive.


Un séisme pour le sport et le divertissement

Au-delà des structures, ce sont les programmes qui risquent de disparaître. Le rapport propose de supprimer 75% des jeux et divertissements du groupe public. Plus inquiétant encore pour les amateurs de sport : une coupe d’un tiers du budget sport est envisagée.

Cette réduction budgétaire massive fait peser une menace immédiate sur les joyaux du patrimoine sportif gratuit :

  • Le Tour de France et Roland-Garros, dont les droits coûtent de plus en plus cher, pourraient ne plus être financés par le service public.

  • Le groupe a déjà commencé à céder des actifs, comme certains matchs du Tournoi des Six Nations, pour tenter de boucher les trous budgétaires de 2026.


« Un tissu de mensonges » : une commission sous haute tension

La réaction n’a pas tardé. Dans les couloirs du Palais Bourbon, le rapport est déjà qualifié de « tissu de mensonges, d’approximations et de diffamations » par plusieurs membres de l’opposition, notamment la députée PS Ayda Hadizadeh.

Les détracteurs du projet accusent le rapporteur d'avoir mené une enquête « inquisitoriale » et de fonder ses préconisations sur des chiffres tronqués pour justifier un démantèlement idéologique. De son côté, Charles Alloncle défend une « nécessaire rationalisation » face à un déficit public qu'il juge hors de contrôle.

Si le vote de lundi est favorable, le rapport sera rendu public la semaine prochaine, ouvrant la voie à une bataille législative et sociale qui s'annonce historique.

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