Canal+ échappe à la hausse de la TVA

Soulagement majeur pour la chaîne cryptée. Réunis au Palais-Bourbon, les députés ont rejeté ce lundi 2 novembre le projet de loi visant à doubler le taux de TVA appliqué au groupe audiovisuel présidé par Maxime Saada et contrôlé par Vincent Bolloré, évitant ainsi une lourde crise financière au secteur.

Un premier gros clash pour le budget 2027
Maxime Saada, président du directoire de Canal+ s’était exprimé très remonté au micro de RTL le 5 octobre dernier. Le projet de passer la TVA du groupe Canal de 10 à 20 % dans le budget 2027 n’entrait pas du tout dans les plans de la chaîne. Lors de l’interview, il avait dénoncé une mesure « antiéconomique » et une « action politique » visant le propriétaire Vincent Bolloré.
Cette idée, notamment défendue par le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, était loin de faire l’unanimité chez les députés. Plusieurs se sont interrogés sur les motivations de cette hausse, y voyant une attaque directe envers le milliardaire conservateur. Du RN aux communistes, en passant par les écologistes, de nombreux amendements ont été déposés contre cette mesure. Le taux est bien de 20 % pour les plateformes proposant du contenu à la demande comme Netflix ou encore Disney. Mais Canal+ bénéficie du taux réduit à 10 % pour ses activités, appliqué grâce à son contenu en temps réel.
Des conséquences à toutes les échelles
Les conséquences se seraient rapidement répercutées. Les abonnés auraient subi une hausse des prix des abonnements. Un plan social avec des suppressions de postes aurait pu être mis sur la table.
L’addition aurait pu être salée pour le cinéma français également. Pour rappel, un accord d’un milliard d’euros a été signé pour financer le septième art français entre 2028 et 2032. 170 cinéastes ont par ailleurs signé une tribune sur le risque d’affaiblissement du cinéma français. Le sport aurait lui aussi été impacté, et notamment les revenus des clubs liés aux diffuseurs. Maxime Saada a aussi rappelé qu’il avait récupéré le groupe il y a 10 ans dans une situation économique très complexe avec un déficit à hauteur de 400 millions d’euros. Aujourd’hui, Canal est à peine à l’équilibre financier. Il signale « qu’une chaîne ou un groupe non rentable était tout bonnement voué à disparaître. ».
L’affaire s’est précisée ce lundi 2 novembre, les députés de l’Assemblée Nationale ayant voté par 45 voix « contre » ce projet de loi et 15 voix « pour ». Le texte doit encore passer devant le Sénat... mais devrait subir le même sort.



