Crise à France Inter : après une fronde sociale historique, la station acte le départ de Charles Sapin

La rentrée radiophonique s'annonçait intense, elle a viré à la tempête sociale à la Maison de la Radio. Depuis le mois de septembre, France Inter fait face à une profonde fragilisation de sa grille et de son management, cristallisée par un mouvement de grève d'une rare intensité. En cause : la polémique autour de l'arrivée de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, recruté à la rentrée pour assurer un éditorial politique dominical. Face à la bronca des syndicats, de la rédaction et des auditeurs, la direction a finalement dû battre en retraite.

Une fronde inédite contre l'éditorialiste
Dès l'annonce de l'arrivée du journaliste — transfuge de l'hebdomadaire Le Point devenu un cadre de Valeurs actuelles —, le torchon a brûlé entre la direction de Radio France et les équipes. L'intersyndicale, la Société des journalistes (SDJ) ainsi que de nombreuses personnalités culturelles s'étaient mobilisées à travers des tribunes et des mouvements de grève très suivis pour dénoncer un choix jugé incompatible avec les missions et la déontologie du service public audiovisuel.
Les grèves à répétition et les tensions internes ont lourdement perturbé l'antenne, illustrant le malaise profond des salariés quant à la préservation de la ligne éditoriale de la station leader.
Capitulation de la direction et arrêt de la chronique
Devant l'ampleur de la contestation et la menace d'une crise durable au sein de la Maison ronde, la direction de France Inter a acté la fin de l'édito controversé. Une décision forte qui solde un bras de fer intense et pose de nouveau la question sensible de la représentation des sensibilités politiques dans les médias publics, à l'aube d'une année électorale charnière.
Alors que la station cherche désormais à apaiser les tensions et à retrouver sa sérénité éditoriale, cette séquence restera sans aucun doute comme l'un des soubresauts médiatiques majeurs de cette rentrée 2026.
Information recueillie avec la collaboration de Julien BOUJOT



