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Marque "Ushuaïa" : TF1 condamnée à verser près de 7 millions d'euros à Nicolas Hulot

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Le tribunal de commerce de Nanterre a tranché. La chaîne de télévision TF1 a été condamnée à verser 6,9 millions d'euros de dommages et intérêts à son ancien animateur vedette, Nicolas Hulot. Ce litige financier découle de la vente de la célèbre marque de produits de beauté "Ushuaïa" au géant des cosmétiques L'Oréal.


Nicolas Hulot
ERIC DESSONS/JDD

Une longue page de l'histoire de la télévision française se referme devant les tribunaux, et elle coûte cher à TF1. Selon les informations du média L'Informé, la chaîne privée vient d'essuyer une lourde défaite judiciaire face à Nicolas Hulot. Le tribunal de commerce de Nanterre a condamné le groupe audiovisuel à verser précisément 6,9 millions d’euros à l’ancien présentateur et ministre de l’Écologie.


Un accord historique rompu

L'origine de l'affaire remonte à la fin de l'année 2023, lorsque TF1 décide de résilier le contrat qui la liait à Nicolas Hulot depuis 1994 concernant l'exploitation de la marque "Ushuaïa". Moins d'un an plus tard, en octobre 2024, la chaîne scelle un accord de taille en revendant l'intégralité de la marque dérivée de la célèbre émission de nature à la multinationale L'Oréal, pour un montant estimé à 27,5 millions d'euros.

Sestimant lésé, Nicolas Hulot a immédiatement intenté une action en justice. Le contrat initial de 1994 stipulait en effet que l'animateur devait percevoir un quart (25 %) des recettes brutes générées par la marque. Face au refus de TF1 de divulguer le montant exact de la transaction avec L'Oréal pendant la procédure, les juges se sont basés sur les révélations de la presse pour calculer les indemnités et octroyer à l'ancien animateur ce fameux quart du produit de la vente.


Une bataille juridique particulièrement tendue

Les échanges entre les deux parties devant le tribunal révèlent des relations profondément dégradées. Pour assurer sa défense, le groupe TF1 n'a pas hésité à invoquer les affaires judiciaires privées de son ex-star, affirmant que "l'image et la réputation de M. Hulot ont été substantiellement dégradées par les affaires de viols et d'agression sexuelles sur mineur". Bien que ces procédures aient été classées sans suite pour cause de prescription, la chaîne a soutenu que l'ancien ministre s'était mis en retrait de la vie publique car il était "parfaitement conscient que son nom est de nature aujourd'hui à desservir les causes et les marques auxquelles il peut être associé".

De son côté, Nicolas Hulot a accusé la direction de la chaîne d'avoir falsifié et modifié les termes de leur accord d'origine après sa signature, notamment en raturant le mot "obligatoirement" dans la clause de reconduction automatique du contrat.

Si TF1 conserve le droit de faire appel de cette décision de première instance, le groupe n’a pour le moment pas souhaité faire de commentaires, tout comme l’avocat de Nicolas Hulot, Maître Alain Jakubowicz. La marque Ushuaïa, qui a généré des dizaines de millions d'euros de bénéfices depuis les années 1990, continue quant à elle sa route sous le giron de L'Oréal.

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