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L’envers du décor de « Mealy » : le fast-food du youtubeur Michou fermé à Paris sur fond de scandale

  • il y a 14 heures
  • 3 min de lecture

Inauguré en grande pompe en août dernier sur les Grands Boulevards à Paris, le restaurant de street-food « Mealy », porté par la star de YouTube Michou, a brutalement baissé son rideau. Si la communication officielle évoque de simples « travaux de mise aux normes », une enquête publiée par Libération révèle une réalité interne alarmante : rongeurs en cuisine, manquements graves à l'hygiène et retards de salaires chroniques.


C’était la promesse d’un succès garanti. En août 2025, le youtubeur aux 11 millions d’abonnés, Michou, installait l'adresse phare de son enseigne de burgers « Mealy » au 17 boulevard Montmartre, en plein cœur du 2e arrondissement de Paris. Face caméra, le jeune créateur de contenu l'assurait à sa communauté : « C'est bien mon restaurant, c'est moi qui maîtrise tout de A à Z ».

Pourtant, à peine huit mois plus tard, la vitrine clinquante des réseaux sociaux s’est effondrée. Le 15 avril dernier, l'établissement fermait ses portes de manière express. Derrière l'explication officielle de « gros travaux », six anciens salariés ont brisé l'omerta dans les colonnes de Libération, brossant le portrait d'un fiasco managérial et sanitaire.

« On n'était même pas dix » : un sous-effectif chronique et des impayés

Payés au SMIC, les employés décrivent des conditions de travail particulièrement éprouvantes. Monia, ancienne manageuse de 29 ans, explique que l'équipe initialement prévue d'une vingtaine de personnes n'a jamais vu le jour : « Au final, on n'était même pas dix ». Un sous-effectif qui s'est accompagné d'une pression constante sur le chiffre d'affaires.

Plus grave encore pour des salariés précaires, l'enquête de Libération — appuyée par des fiches de paie et des messages internes — met en lumière des retards de paiement systématiques de plusieurs semaines. Certains employés rapportent avoir dû travailler dans le froid en plein hiver, tandis que d'autres achetaient eux-mêmes du matériel de base pour assurer le service.


Rats, eau glacée et rupture de la chaîne du froid

Le volet sanitaire s'avère tout aussi accablant. Des anciens salariés affirment avoir dû laver les ustensiles de cuisine à l'eau glacée pendant l'hiver en raison d'une absence prolongée d'eau chaude, rendant le dégraissage impossible. « Ce n'était jamais totalement propre », lâche l'un d'eux.

L'enquête pointe également du doigt une infestation de rongeurs en cuisine, corroborée par plusieurs avis de clients sur Google, ainsi que des pannes répétées de la chambre froide. Les relevés de température y oscillaient parfois entre -12 et +3°C au lieu des -18°C réglementaires. Selon un ex-salarié, la marchandise était rarement jetée, exposant la clientèle à de la viande mal conservée. Face à ces manquements, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a adressé une mise en demeure officielle à l'établissement.


Le mirage du business des influenceurs

Si la direction de l'enseigne reconnaît des « difficultés de lancement » tout en qualifiant certains témoignages d'exagérés, le coup est rude pour l'image de Michou. Bien que le youtubeur ne soit pas impliqué dans la gestion opérationnelle directe au quotidien, son nom et son image étaient le principal argument de vente de la marque.

Ce nouveau scandale relance le débat sur la viabilité et le sérieux des projets de restauration rapide massivement propulsés par des stars du web, où la communication survoltée masque parfois d'importantes lacunes professionnelles et humaines sur le terrain.


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